Crédit immobilier

Le crédit immobilier en Algérie

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Souscrire un crédit immobilier est un acte important qui engage le budget du ménage pour de longues années. Ce qui est une bonne raison pour être vigilant et passer un peu de temps pour bien comprendre la portée de son engagement.

Depuis quelques années, des prêts immobiliers aidés en Algérie permettent aux personnes concernées, notamment les plus modestes, d'accéder à la propriété dans des conditions de taux d'intérêt plus intéressantes. Le marché s'est aussi beaucoup diversifié : à côté du crédit classique, la finance islamique (Mourabaha, Ijara, Istisna'a) est aujourd'hui proposée par la quasi-totalité des banques, et de nouvelles offres ciblent spécifiquement les Algériens résidant à l'étranger.

Ce que dit la loi en matière de prêt immobilier

Définition et fonctionnement : le crédit immobilier est un crédit de longue durée destiné à financer l'achat ou la construction d'un logement, ou le financement de gros travaux d'aménagement ou d'extension d'un logement.

C'est un crédit amortissable : le taux est fixé dès le début ; l'emprunteur rembourse le capital emprunté et les intérêts par des mensualités identiques tout au long du prêt.

Le plan d'amortissement est indispensable pour suivre ses remboursements : mois par mois, il indique ce que vous payez et à quelle date. Conservez-le précieusement, vous saurez ainsi en permanence où vous en êtes.

La composition des mensualités n'est pas la même tout au long du prêt : au début, l'emprunteur rembourse essentiellement des intérêts ; progressivement, la proportion d'intérêts baisse au profit de la part de capital. Vous pouvez simuler votre tableau d'amortissement avec notre simulateur de tableau d'amortissement.

Le taux d'intérêt : un plafond réévalué chaque semestre

Le taux d'intérêt d'un crédit immobilier est fixé librement par la banque ou l'établissement financier, mais il ne peut pas dépasser un « taux excessif » défini et mis à jour tous les six mois par la Banque d'Algérie, catégorie de crédit par catégorie de crédit.

Depuis l'instruction n° 06-2026 du 29 juin 2026, ce seuil est calculé ainsi : est considéré comme excessif tout crédit dont le taux effectif global dépasse de plus de 5 points le taux moyen effectivement pratiqué par les banques pour la même catégorie de crédit au cours du semestre précédent — contre une marge plus large auparavant.

Pour le crédit destiné au financement de l'habitat, le seuil excessif applicable au 2e semestre 2026 est de 7,05 %, sur la base d'un taux moyen marché de 6,86 % constaté au semestre précédent. Dans la pratique, les taux réellement proposés par les banques se situent le plus souvent entre 5 % et 7 % selon l'établissement, la durée et le profil de l'emprunteur.

À noter : ce plafond évolue à chaque semestre. Pour connaître le seuil en vigueur au moment de votre demande, la référence est la note semestrielle publiée par la Banque d'Algérie.

Les établissements prêteurs

La CNEP-Banque reste l'établissement historiquement spécialisé dans le financement du logement des particuliers, mais la quasi-totalité des banques publiques et privées proposent aujourd'hui un crédit immobilier : CPA, BNA, BDL, BADR, BEA, Société Générale Algérie, Gulf Bank Algeria (AGB), Al Baraka Bank et Al Salam Bank notamment.

Elles passent des partenariats avec des compagnies d'assurance, publiques ou privées, algériennes ou étrangères, afin de proposer en même temps le prêt et l'assurance emprunteur.

La finance islamique : une offre désormais généralisée

Le financement conforme à la charia s'est nettement développé ces dernières années et concerne principalement trois montages :

  • La Mourabaha : la banque achète le bien puis le revend à l'emprunteur à un prix majoré d'une marge fixée à l'avance, réglée par échéances — sans taux d'intérêt variable.
  • L'Ijara : une forme de location-acquisition ; l'emprunteur loue le bien à la banque avec option d'achat, jusqu'à en devenir propriétaire.
  • L'Istisna'a : un contrat de financement de la construction, adapté à l'édification ou à l'extension d'un logement.

Ces produits sont désormais proposés par la CPA (Mourabaha Aqar), la BNA, la CNEP-Banque, la BDL, la BADR, Al Baraka Bank et Al Salam Bank. L'article 258-V de la loi de finances pour 2026 étend aux logements financés selon les formules Mourabaha et Ijara Mountahia Bitamlik l'exonération du droit de mutation dont bénéficient déjà les particuliers pour l'acquisition, dans le cadre d'une opération de promotion immobilière, d'un immeuble ou d'une fraction d'immeuble à usage principal d'habitation.

Le crédit immobilier en pratique

Les conditions pour obtenir un prêt immobilier sont à peu près toujours les mêmes, sauf pour les catégories de prêts aidés qui répondent à des conditions spécifiques (catégorie sociale ou professionnelle).

Conditions d'attribution applicables à tous les emprunteurs

  • Montant maximum de l'emprunt : 90 %. L'emprunteur doit apporter les 10 % complémentaires (sauf pour le prêt jeune de la CNEP, qui peut financer 100 % du montant d'acquisition).
  • Taux d'endettement limité : il ne doit pas dépasser en moyenne 30 à 40 % des revenus de l'emprunteur ou du ménage s'il y a deux co-emprunteurs.
  • Durée maximum du crédit : 30 ans, voire 40 ans selon la banque et l'âge de l'emprunteur.
  • Solvabilité : revenus suffisants, permanents et réguliers. Si l'emprunteur n'est pas assez solvable, il peut demander l'aide d'un co-emprunteur ou une caution solidaire (uniquement familiale).

Les épargnants disposant d'un livret d'épargne logement ou d'un compte à terme dans la banque bénéficient en général de conditions de taux plus favorables.

Attention, caution : la caution, quand elle est « solidaire », est engagée au même titre que l'emprunteur principal. La banque peut s'adresser directement à elle pour le remboursement du prêt, même si l'emprunteur principal n'est pas défaillant.

Constituer son dossier pour un crédit immobilier en Algérie

  • La demande de crédit immobilier (formulaire).
  • Des renseignements sur l'emprunteur : extrait d'acte de naissance, fiche familiale pour les époux, justificatif d'identité (carte d'identité ou permis de conduire).
  • Des justificatifs de revenus : pour les salariés, relevé des émoluments, déclaration annuelle des salaires, attestation de travail ; pour les professions libérales ou commerçants, copie du registre de commerce et dernier avertissement fiscal.
  • Une autorisation de prélèvement au bénéfice de la banque qui accorde le prêt.
  • Le relevé des intérêts des comptes d'épargne, le cas échéant.

Observation : les co-emprunteurs et les cautions doivent fournir les mêmes documents.

Il faut également produire les justificatifs du projet d'acquisition d'un bien (villa, appartement, terrain, duplex…), de construction ou de travaux — différents selon le type d'opération :

  • Achat d'un logement social participatif (LSP ou LPA).
  • Achat auprès d'un particulier d'un logement ancien, neuf ou en cours de réalisation.
  • Achat d'un logement neuf auprès d'un promoteur immobilier, public ou privé.
  • Achat d'un logement sur plan (vente sur plan).
  • Construction ou achat d'un terrain pour construction.
  • Travaux d'aménagement, extension, surélévation.

L'emprunteur doit apporter tous les éléments établissant la réalité, la faisabilité et le coût du projet : selon le type d'emprunt, une promesse de vente notariée, la décision d'attribution, le contrat de vente sur plan, un permis de construire, un acte de propriété du terrain, le devis des travaux d'aménagement, etc.

Les prêts aidés : les crédits immobiliers à taux bonifié

La loi a institué des taux bonifiés pour certaines catégories de population ou de logement, en fonction du niveau de revenu du demandeur :

Niveau de revenu Taux bonifié
Inférieur ou égal à 6 fois le SNMG 1 %
Supérieur à 6 fois le SNMG et inférieur ou égal à 12 fois le SNMG 3 %

L'État, via le Trésor public, prend en charge la différence entre ce taux bonifié et le taux de référence bancaire. Ce dispositif s'applique aussi bien à l'acquisition d'un logement collectif qu'à la construction d'un logement rural, et est proposé par plusieurs banques (CPA, BNA, Société Générale Algérie…) ainsi que dans le cadre de la finance islamique.

Le prêt fonctionnaire de 1 %

Des prêts plafonnés à 1 % sont réservés aux fonctionnaires (dont les enseignants) de 60 ans et moins. Ils sont octroyés par le Trésor pour l'acquisition, la construction ou l'extension du logement. La demande de crédit est adressée à la Direction Générale du Trésor.

Pour l'ensemble des fonctionnaires, les prêts portent sur l'acquisition d'un logement collectif ou l'extension d'un logement individuel. Seuls les fonctionnaires résidant dans le Sud algérien et les Hauts Plateaux peuvent bénéficier de ce crédit pour la réalisation d'une habitation individuelle (villa).

Montant du crédit fonctionnaire à 1 %

Objet du prêt Fonctions supérieures Autres fonctionnaires
Acquisition ou construction d'un logement 7 000 000 DA 4 000 000 DA
Extension, réhabilitation ou achèvement d'un logement 4 000 000 DA 2 000 000 DA

Pour les fonctionnaires résidant dans les wilayas du Sud et des Hauts Plateaux, ces prêts peuvent également être utilisés pour la construction d'un logement individuel, dans les mêmes conditions.

Vous résidez à l'étranger ?

Les Algériens résidant à l'étranger disposent aujourd'hui d'offres de financement dédiées, comme Bladi DZ lancée par la BNA fin 2025. Retrouvez le détail de ces solutions, les conditions d'éligibilité et la liste des banques concernées dans notre fiche consacrée au crédit immobilier pour les émigrés.

Les frais liés au crédit immobilier en Algérie

Il faut prévoir des frais en plus du remboursement des mensualités. Certains, comme l'assurance emprunteur, peuvent être inclus dans le taux d'intérêt ; d'autres doivent être payés à la souscription, comme les frais de dossier — à vérifier avec attention.

  • Coût de l'assurance emprunteur : en cas de décès ou d'invalidité interrompant les remboursements, l'assurance prend le relais de l'emprunteur.
  • Commission de gestion : montant variable selon la banque.
  • Frais de garantie hypothécaire.

En cas de remboursement anticipé, la pénalité applicable ne peut légalement excéder 4 % des échéances restant à payer.